Tu l’as vue ma grève ?
Elle est où la grève ? Dans ton c… !
Mobilisation historique à Lyon.
35.000 personnes selon les syndicats (25000 selon la police), sont parties ce matin à 10h30 de la manufacture des Tabacs (8e), avec en tête du défilé une vieille dame et son chien, affublé d’une pancarte sur laquelle ont pouvait lire «Casse toi pauv’ con». Alors que les premiers manifestants, secteur santé en tête, arrivaient place Bellecour vers 12h, la queue de cortège reste bloquée. «Il y a un monde de fou», raconte une institutrice. Selon les syndicats, les personnels enseignants représentent le gros du cortège, et ce 29 janvier s’annonce comme «une manifestation de référence». Au plus fort du mouvement contre le CPE, 15 000 personnes s’étaient rassemblés à Lyon.

Le Bourget fermé
L’aéroport d’aviation d’affaires du Bourget en Seine-Saint-Denis a été fermé jeudi matin, en raison de la grève des contrôleurs aériens. «100% des contrôleurs aériens du Bourget» étaient en grève a précisé ce porte parole.
Participation
Quelque 47,92% des enseignants étaient en grève jeudi dans le primaire et 28,03% dans le secondaire, selon le ministère de l’Education, le syndicat FSU annonçant pour sa part 67,5% en primaire (SNUipp) et «plus de 60%» dans le secondaire (Snes).
Plus de 26% des salariés de France Télécom en grève
41% de grèvistes à la SNCF
23% des salariés d’EDF en grève
Il y aurait eu en tout entre 1 million,selon la police, et 2.5 millions de manifestants selon les syndicats.
Source : 20 minutes.fr
Voir le dossier du : Le Dauphiné Liberé
Pourquoi il y a toujours une différence entre les chiffres des manifestants et ceux de la police…
Communiqué de Gérard Filoche mis en examen dans l’exercice de ses missions d’inspecteur du travail.
Le Parisien, France inter , l’AFP, ont annoncé mardi 20 janvier « la mise en examen de Gérard Filoche ». C’est bien la première fois que Le Parisien me fait une si grande place : muet lorsque je dénonce la délinquance patronale, ce journal répercute l’annonce qu’un gros patron de la rue de la Paix a réussi, en se portant partie civile, à me faire « mettre en examen ».
Le prétexte est rocambolesque : j’aurais fait « entrave » à son « comité d’entreprise ». Moi ! Gêner un comité d’entreprise ? Et puis quoi encore ? S’il y a un eu un comité d’établissement au siége de l’importante société de cosmétique Guinot -Marie Cohr, c’est parce que j’ai insisté, en tant qu’inspecteur du travail du secteur, pour qu’il soit mis en place, car sinon, la direction n’en voulait pas !
Mais ils ont réussi à ce que ledit CE mis en place, fasse partie de ce qu’on appelle les « CE bidons » : il ne comporte que 2 membres totalement soumis à la direction au point de ne jamais fonctionner, sauf pour donner un « avis favorable » au licenciement d’une déléguée syndicale CGT, ce qu’il a fait à deux reprises.
Cette déléguée CGT, est d’abord une femme, d’origine arabe, de retour de congé maternité, dont l’entreprise a voulu se débarrasser après 6 ans de bons et loyaux services. Pour la pousser dehors, elle qui s’occupait de la zone commerciale du grand orient, ils l’ont mis à une zone Amérique latine Pacifique qu’elle ne connaissait pas et dont elle ne parlait pas la langue, ce qui lui demandait deux fois plus de travail, forme de harcèlement alors qu’elle avait les soucis de son nouveau-né. Plutôt que de lui redonner son poste après son congé maternité, ils y ont même mis des intérimaires.
(C’est de plus en plus fréquent, il faut une loi pour protéger les femmes de retour de maternité obligeant de leur redonner leur poste et interdisant de les licencier pendant un an).
Chez Guinot, les salariés cadres font des heures supplémentaires dissimulées en masse : ils les appellent d’ailleurs ironiquement « les heures philanthropiques ». Lorsque, pour faire valoir ses droits, la jeune femme s’est syndiquée, a demandé des élections de CE, elle est devenue la femme à abattre : isolement, propos racistes, dénonciation dans la boîte où tout le monde a peur. Ils m’ont demandé trois de fois de suite l’autorisation de la licencier, la dernière en juin 2004, sous un prétexte kafkaïen, après l’avoir cette fois « mise à pied ». La tenant ainsi, par la privation de salaire, ils ont fait traîner la procédure, négligeant de tenir le CE prévu début juillet. Ils allaient, si je n’étais activement intervenu, la laisser tout l’été, mis à pied. J’ai exigé que le CE se tienne vite, formalité nécessaire, et qu’ils me saisissent vite. Ils ne l’ont fait que le 24 juillet, alors que je partais le 26 juillet en congés tout le mois d’août.
Alors j’ai hâté la procédure, je suis allé dans l’entreprise, faire mon « enquête contradictoire », prendre acte que le CE avait voté, et prendre ma décision de refus d’autorisation de licenciement le lendemain avant mon départ en vacances, de façon à ce que la salariée retrouve un salaire fin juillet… et non pas fin septembre.
Ça s’est passé ainsi, déjouant ce qui était manifestement une sale pratique de la direction.
Je suis arrivé le 24 juillet 2004 avant le CE, j’ai d’ailleurs avec l’accord de la direction, dans le bureau du directeur, sans objection de quiconque, en expliquant clairement ma démarche, sur le coup, interrogé et confronté au total neuf personnes, établi l’innocence de la déléguée CGT, et le « CE » s’est réuni sans surprise, c’est-à-dire que les deux membres pro patronaux sont sortis de la pièce pour aller voter… l’avis favorable au licenciement de leur collègue, à deux voix contre zéro, à bulletin secret, ce qui leur a pris moins de dix minutes.
L’avocat de Guinot, M° Varaut, qui se vante dans le Parisien en termes idéologiquement révélateurs, de ma mise en examen, a tenté de mêler la proximité physique de mon enquête ce matin-là et la tenue du CE pour inventer d’abord que j’avais « fait du chantage » au CE puis c’est le procureur qui a amélioré la saisine initiale, avec un « réquisitoire supplétif » pour « entrave au CE ».
Reprocher à un inspecteur du travail « une entrave » au CE c’est tenter d’escalader l’Annapurna pieds nus, ça ne s’est jamais fait. Je n’avais absolument aucune raison de faire la moindre pression sur les deux membres du CE totalement subordonnés à la direction et dont je connaissais le vote d’avance – lequel n’engageait pas ma décision. Je n’étais absorbé que par mon « enquête contradictoire » de façon à obtenir le maximum d’éléments et à rendre imparable juridiquement le refus de licenciement de la salariée.
Le ministère a cassé ma décision (ce n’est pas le seul cas hélas, car de plus en plus de « salariés protégés » se trouvent ainsi abattus). Pourtant, tout ce qui s’est passé, d’un bout à l’autre dans cette affaire, aurait dû donner superbement raison à la déléguée syndicale, et le fait que le tribunal administratif ait confirmé le ministère, me stupéfie. Je ne sais si la salariée ira en Conseil d’état, mais elle est tellement dans son bon droit, que cela mériterait d’être tenté.
Le juge Madre m’a convoqué pendant 5 heures le 7 mars 2007 alors que je revenais de Périgueux où avait été jugé et condamné l’assassin de deux de mes deux collègues (à Saussignac le 2 septembre 2004). Je l’ai alors surpris en lui apprenant un point de droit qu’il ignorait, c’est qu’un avis du CE favorable au licenciement d’un délégué n’était qu’un élément indicatif et ne s’imposait pas à l’inspection du travail.
Je n’ai entendu parler de rien entre le 7 mars 2007 et le 21 novembre 2008 et je croyais légitimement la plainte pour « chantage » mort-née. Car si des patrons réussissent à force d’argent et d’entregent à faire convoquer des inspecteurs du travail devant les juges, c’est le contrôle de tout le droit du travail qui sera entravé, et non pas un CE bidon.
Invité à un CHSCT Guinot, en juillet 2008, je m’y suis rendu, et sans surprise, j’ai pu constater qu’il ne se tenait pas, que le responsable du CE/CHSCT, le même qui avait voté le licenciement de la salariée, n’était même pas dans les locaux, que le CHSCT était aussi « bidon » que le CE.
Le juge Madre aurait interrogé par écrit le Directeur général du travail, en droit, en décembre 2007 et m’a re-convoqué le 7 octobre 2008 : atteint d’une pneumonie avec complication, je n’ai pu y déférer. Puis le 21 novembre 2008 il m’a mis en examen à ma grande surprise.
Le Parisien cite, dans un entrefilet fielleusement présenté, la lettre du directeur général du travail, (DGT) Jean-Denis Combrexelle, affirmant qu’un inspecteur du travail qui intervient dans un CE a « un comportement professionnel aberrant ». Mais cette lettre ne me concerne pas ! Le juge Madre me l’a précisé : « J’ai interrogé votre directeur, bien sûr, en général, sans lui dire qu’il y avait le moindre lien avec vous ». La réponse du directeur est déconnectée de la situation concrète du 24 juillet 2004 à Guinot.
À moins, mais je n’ose le penser, que ce directeur n’ait eu vent de quelque chose et ait « chargé » le contenu de sa réponse de façon à ce que le procureur renonçant à évoquer un « chantage », relaie la plainte improbable de Guinot en évoquant une « entrave au CE ».
Ce directeur (DGT), Jean-Denis Combrexelle et moi, sommes en effet, en conflit idéologique ouvert, puisqu’il m’a convoqué le 9 avril 2008 pour me menacer dans l’exercice de ma fonction d’inspecteur du travail : ce DGT est celui dont « Liaisons sociales » révélait qu’il dînait chaque mois avec Denis Gauthier-Sauvagnac, celui qui a fait la fameuse « recodification du code du travail » contre laquelle je me suis tant battue, avec notamment Jacques Barthélémy grand avocat du Medef, celui enfin qui m’envoie des lettres administratives comminatoires pour me rappeler en permanence à l’ordre, et me faire taire chaque fois que je parle dans un média. Avec le Directeur départemental, ils m’ont supprimé toute part de primes depuis de longues années, injuste rétorsion qui ne me fera pas céder. Son accusation est classique : je mélangerais les genres entre mes engagements syndicaux et politiques et mes missions de service.
Il convient de repréciser qu’un inspecteur du travail est « indépendant » selon la convention 81 de l’OIT. Nous sommes indépendants mais pas neutres. Nous avons pour mission « d’alerter les gouvernements en place sur le sort qui est fait aux salariés ». Nos assujettis ce sont les employeurs, pas les salariés. C’est aux employeurs que devons faire respecter le code du travail de la République. Il faut de l’imagination, pour me mettre, moi, à six mois de ma retraite, après trente ans de métier, en examen, pour « entrave à un CE ».
À l’émission « Ripostes », le 10 décembre 2006, Nicolas Sarkozy m’avait dit « Je ne partage pas votre détestation des employeurs, M. Filoche ». Je ne déteste pas les employeurs sauf ceux qui trichent et spolient leurs salariés de leurs droits. Je fais mon métier avec d’autant plus de vigueur que la délinquance patronale augmente considérablement, que le droit du travail est foulé aux pieds, pire méprisé bien au-delà de mon secteur où j’ai 4 500 entreprises et 45 000 salariés. Mon expérience, tous les jours, me fait rencontrer des « Guinot » : d’ailleurs j’engage les investigateurs à regarder de plus prés,( au 1 rue de la Paix et pas seulement), au delà de ma personne, la réalité de ce genre de patronat qui fait tout pour mettre en cause l’action de l’inspection du travail tout entière.
Gérard Filoche, le 21 janvier 2009
Reportages de “Là-bas si j’y suis” sur les magouilles de l’UIMM
UIMM : fluidifions, fluidifions… (1) Histoire et pratiques
Laurence Parisot n’y croit pas !! Outrée, scandalisée, elle affirme ne rien avoir su des pratiques honteuses et arriérées de l’organisation la plus puissante au sein du MEDEF : l’UIMM (l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie).
En effet, après le départ – houleux- de Denis Gautier-Sauvagnac, avec en poche une coquette indemnité de 1,5 millions d’euros, et la révélation d’une caisse noire de 600 millions d’euros pour « fluidifier les relations sociales », le nouveau président, Frédéric de St Geours, promet plus de transparence…
Mais qu’est-ce au juste que l’UIMM ?
Retour sur une histoire qui dure depuis 107 ans…
Avec Gérard Filoche, Danièle Fraboulet
reportage : Renaud Lambert
UIMM : Fluidifions, fluidifions… (2) La piste du financement politique
Créée en 1901 pour défendre les intérêts des patrons contre la nouvelle législation du travail, l’UIMM se dote très tôt d’une caisse « antigrève ».
En 1972, au plus fort de la contestation sociale, celle-ci devient l’EPIM (Entraide professionnelle des industries métallurgiques).
A mesure que la « conflictualité sociale » s’adoucit… les fonds sont affectés, selon Denis Gautier-Sauvagnac, à la « fluidification des rapports sociaux ». Plusieurs pistes, donc, pour l’utilisation de ces fonds : le financement des syndicats, sur lequel nous reviendrons, mais aussi, le financement d’hommes politiques. Un seul objectif : enrayer le péril rouge et assurer de nouvelles conquêtes au patronat français.
L’enquête continue…
Avec Jean Charbonnel, Eric Decouty, Gérard Filoche, Mohammed Kenniche, Roger Jimenez et Joseph Pinard
Reportage : Renaud Lambert
UIMM : Fluidifions, fluidifions… (3). La piste du financement syndical
Que s’est-il passé depuis 107 ans, c’est à dire depuis la création en 1901 de l’UIMM (l’Union des Métiers de la Métallurgie) ? On se souvient de la déclaration de Denis Gautier-Sauvagnac, le précédent président de l’organisme, sur l’existence d’une caisse noire afin de “fluidifier les relations sociales”, autrement dit, afin de casser les grèves.
Alors, y a-t-il eu graissage de pattes au niveau des syndicats, et, le cas échéant, de quels syndicats s’agit-il précisément ?
L’enquête continue avec Renaud Lambert…